Gangs de rues

August 19, 2008 |

Il est intéressant de lire ces deux remarques du journaliste Henry Aubin, du journal The Gazette :

En 1988, à la suite d’un autre homicide par un policier, une enquête de la Commission des droits de la personne exigeait de la police qu’elle s’organise pour, à long terme, compter au minimum 10% de minorités visibles dans ses rangs. Aujourd’hui, 22 ans plus tard, le chiffre atteint 5.6% (Toronto 15.6%).

Aubin conclut : « No wonder the department, with its stepped-up anti-gang activities in Montreal North, is seen as an insensitive outsider. »

43.jpgDu côté des pompiers de Montréal, un grand total de 12 pompiers font partie des minorités visibles, la moitié de 1% de ses 2,300 membres.

Aubin : « Maybe that helps explain why rioters attacked a fire station. They have no affinity with them. »

En 2005, sous le titre Gangs de rue - Dans une ville près de chez vous, Marie-France-Lou Lemay écrivait :

« Pour l’instant, aucun chiffre n’est cependant disponible pour connaître l’étendue du phénomène dans de plus petites villes. Des activités ont été recensées dans les régions, mais la situation est embryonnaire. Des membres affiliés à des gangs ont visité Drummondville et Sherbrooke. Du côté de Granby, le gang de rue Les Bandeaux rouges, un sous-groupe des Bo-Gars, tente de s’y installer, selon le Service de police de la ville. »

Elle écrivait aussi :

« En 1989, la police de Montréal a recensé 27 groupes qui rassemblaient 314 membres. Aujourd’hui, elle en compte 25, mais qui regroupent 1250 personnes. »

20080815-064118-g.jpgLa police de Montréal a adopté depuis longtemps le grand principe de l’autruche silencieuse : si on en dit le moins possible, un problème disparaît de lui-même. Aussi, la police de Montréal refuse de nommer les gangs de rue présents sur son territoire. Mais on connaît maintenant l’état de la situation grâce à Karine Desormiers, auteure d’une étude sur le réseau social des gangs montréalais. Cette criminologue les a répertoriés et a analysé leur réseau criminel.

35 gangs repertoriés ; le tiers n’est pas affilié aux deux rivaux les Crips et les Bloods. Un gang de Crips ou de Bloods compte en moyenne 93 membres. Le plus gros, 230 membres.

Incidemment, les gangs de rue sont maintenant présents chez les Cris du Nord, comme on peut lire ici.

Signalons aussi :

Il était une fois les gangs de rue…, de Maxime Beauregard-Martin

« Depuis les années 80, les gangs de rue commencent à se regrouper à Montréal. Ce phénomène social a pris tellement d’ampleur par la suite au Québec que les médias ont largement traité de la question ces dernières années. Selon Jacques Moïse, psychothérapeute et coordonnateur de l’organisme P.I.a.M.P. venant en aide aux jeunes de la rue, la couverture médiatique qui en a été faite était non seulement incomplète mais biaisée. »

Articles sur le sujet dans le Kiosque :

Nous avions signalé la série policière The Wire en précisant qu’elle posait un « regard éclairé sur la vie dans une ville nord-américaine typique. »

Les gangs de rue dans l’armée

(Gangland Baghdad) Des spécialistes estiment que jusqu’à 2 % des soldats américains en service actif - ils pourraient être aussi nombreux que 20 000 - font partie d’un gang de rue. Parmi eux, les « Gangster Disciples » de Chicago auraient fait les infiltrations les plus spectaculaires dans les forces américaines.

Ce même lien mène aussi à 2 articles du Reader’s Digest et à de nombreux autres liens recensés par le Kiosque.

Les gangs les plus dangereux du monde

Leurs pires actes passent souvent inaperçus ou ne sont pas rapportés. Pourtant, de Nairobi à São Paulo, plusieurs gangs de rues deviennent plus sophistiqués, plus violents et plus puissants que jamais. Un article du magazine Foreign Policy.


Commentaires

Name (required)

Email (required)

Website

Speak your mind