5 à 7 de lancement

June 9, 2008 |

Qui a écrit ce passage?

« Ma queue dansait la gigue au creux des entrailles de Manon. Sa bouche formait un O duquel s’échappaient des ahans d’extase. Une goutte de sueur louvoyait entre ses seins. Ses mains m’empoignaient les fesses et me forçaient à m’enfoncer plus profondément en elle. Le lit tanguait comme un cheval sauvage au centre d’une arène de rodéo.

1337223.jpgJ’aurais dû me concentrer, y mettre du mien, communiquer, mieux : communier. Rien à faire, ma dernière déclaration d’impôts mobilisait mon esprit et mon cœur se serrait à l’idée que le fisc ne me…

Manon m’avait agrippé les couilles, croyant me plaire. Elle les malaxait avec trop de force. J’avais voulu me dégager mais mon sexe avait glissé hors de son ventre poisseux. Mon pénis s’était déchaussé de son condom. Manon riait. ”Tu me quittes déjà?” Je n’avais rien dit. J’avais souri. Une grimace artificielle.

Manon m’avait mordu l’épaule. ”Aie!” Elle riait toujours. Avec fougue, elle m’avait renversé sur le dos pour se jucher sur moi. Sa chatte luisante frottait mon membre. Cette fissure juteuse passait et repassait, laissant chaque fois une traînée visqueuse un peu plus épaisse. Mon pieu perdait de sa tumescence. ”Et ben? Qu’est-ce qui arrive à ce chéri?” avait demandé Manon en minaudant. Elle s’était accroupie entre mes jambes et l’atmosphère s’était aussitôt remplie de bruits de succion. Elle voulait m’aspirer. Ma verge molle gigotait au rythme de sa langue et une dent m’écorchait à chaque nouveau mouvement. S’il y a une chose que je n’ai jamais pu supporter, c’est bien des crocs sur mon sexe! Le plafond avait besoin d’une bonne couche de peinture. Du blanc ou du beige? Ma literie s’accommoderait mieux d’un blanc cassé, mais avec mes meubles, le beige serait plus heureux. Peinture à l’huile ou latex? Latex! Bien sûr…

J’avais repoussé la tête de Manon. Un long filet de salive pendait entre l’extrémité de mon gland et sa lèvre inférieure. Manon me regardait d’un air piteux. Celui des chiens à qui on retire l’os. ”Je vais prendre l’air”, avais-je donné pour seule explication en plongeant dans mes jeans. »
(p. 20-21, Love et Rage, Léméac Editeur - 1995)

(A) Un masculiniste
(B) Un pornographe
(C) Le co-directeur de l’ouvrage: Le mouvement masculiniste au Québec : l’antiféminisme démasqué.

Réponse : (C) évidemment.

À sa défense, Francis Dupuis-Déri avait précisé que ce roman était « à saveur politique ».

En 4ème de couverture, en effet, on peut lire :

« Dans ce roman érotico-politique, l’amour et la sexualité font figures de symbole. La révolution sexuelle est prise aux mots et les terroristes, membres du Front de Libération de l’Amour (FLA), commettent des attentats sexuels pour renverser l’ordre établi. (1) Utilisant l’amour comme arme subversive, ces rebelles veulent bâtir un monde meilleur. Mais à ce jeu, l’utopie n’est-elle pas plus forte que tout, et la littérature ne devient-elle pas la subversion ultime, la bombe des bombes? Le héros de ce roman, anarchiste en liberté conditionnelle, est bourré d’idéaux; échappera-t-il à l’enfer qui attend les damnés de la terre? »
(1) (comme le viol - très spectaculaire - d’un évêque sur son autel).

On espère que oui.

2008-06-masculinisme.jpgMélissa Blais et Francis Dupuis-Déri, co-directeur/trice de l’ouvrage, seront à Québec à l’occasion du lancement du livre Le mouvement masculiniste au Québec : l’antiféminisme démasqué. Ils pourront répondre à vos questions suite à une présentation de ce livre publié chez Remue-ménage.

Vendredi 13 juin de 5 à 7 au café-bar l’AgitéE (251 Dorchester, coin Prince-Édouard, Québec).


Commentaires

1 Comment so far

  1. Jean-Sébastien Marsan on June 9, 2008 7:36 pm

    Chère équipe du Kiosque,

    À quoi bon aller puiser dans les anciens écrits de Francis Dupuis-Déri? Je ne vois pas le lien avec l’universitaire qu’il est devenu. Vous feriez mieux de vous pencher sur le contenu de son dernier livre “Le mouvement masculiniste au Québec. L’antiféminisme démasqué”, un ouvrage collectif (outre Francis Dupuis-Déri, il y a 10 auteurs presque tous universitaires).

    Ce qui est très curieux avec ce bouquin, c’est la définition retenue du masculinisme. L’opinion publique associe généralement le masculinisme aux groupes comme Fathers 4 Justice, ces militants qui se déguisent en Spiderman avant de grimper sur des ponts, sinistres individus qui ont développé un discours antiféministe très revanchard et qui multiplient les poursuites judiciaires abusives pour harceler ceux qui osent les critiquer.

    Or Francis Dupuis-Déri et ses collaborateurs considèrent que tout discours “alarmiste” sur la situation des hommes est un discours masculiniste. Ils qualifient de masculinistes des individus modérés et tout à fait pacifiques comme le psychanalyste Guy Corneau (l’auteur de “Père manquant, fils manqué”), le psychologue et sexologue Yvon Dallaire (auteur de plusieurs ouvrages sur la sexualité et la condition masculine), le journaliste Mathieu-Robert Sauvé (auteur de “Échecs et mâles. Les modèles masculins au Québec, du marquis de Montcalm à Jacques Parizeau”) et même Denise Bombardier (”La déroute des sexes”)! Quatre auteurs (parmi d’autres) qui reconnaissent les acquis du féminisme et que l’on ne peut suspecter de connivence avec des extrémistes comme Fathers 4 Justice.

    L’ouvrage collectif dirigé par Francis Dupuis-Déri laisse croire qu’il existe au Québec un mouvement social masculiniste, ce qui est faux à mon humble avis. Rien ne permet d’associer une petite bande de fanatiques (Fathers 4 Justice et autres groupuscules) à plusieurs personnalités qui tentent de mieux comprendre la condition masculine (et qui ne plaisent peut-être pas aux féministes, mais là n’est pas la question).

    Jean-Sébastien Marsan

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