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Les Allemands contre Hitler
March 31, 2008 |
Un résumé de Jeanne Krieber et François Gauthier
Le choix de Tom Cruise pour jouer le rôle de Claus von Stauffenberg, un héros de la lutte anti-nazie, a suscité une vive polémique en Allemagne, en raison de l’appartenance de l’acteur à l’Église de Scientologie, considérée en Allemagne comme une secte. Le Kiosque rappelle les grands faits de cet Allemand qui a tenté d’assassiner Hitler.
À l’été 1944, l’Allemagne est aux abois. À l’ouest, les Alliés ont débarqué en Normandie ; à l’est, les Russes repoussent les Allemands de leur territoire. Les désastres militaires s’accumulent. Parmi les officiers de la Wehrmacht, l’armée allemande, plusieurs croient qu’il faut se débarrasser d’Hitler.
Un groupe de conspirateurs se forme. Ils sont toutefois divisés quant à la manière d’agir. Certains veulent arrêter et juger Hitler et éviter ainsi d’en faire un martyr en l’assassinant. D’autres, plus radicaux, croient qu’en assassinant le chef nazi, l’Allemagne aurait encore quelques atouts pour négocier avec les Alliés. La solution de l’assassinat finit par l’emporter et on met en place l’Opération Walkyrie. Le projet consiste à s’emparer des territoires alors contrôlés par l’armée allemande afin de pouvoir négocier la paix. Il faut commencer par tuer Hitler, puis couper toutes les communications avec le quartier général du Führer, situé à Rastenburg en Prusse-Orientale, pour permettre la diffusion des ordres des conspirateurs.
Après de nombreuses tentatives ratées, on désigne le colonel Claus Schenk von Stauffenberg pour exécuter l’attentat qui devrait mettre en branle le putsch militaire. Cet officier catholique, conservateur et nationaliste avait été blessé en Tunisie un an auparavant ; il y avait perdu un œil et sept doigts. Lors de son séjour à l’hôpital, il a une vision lui ordonnant de libérer l’Allemagne. Il se joint alors au mouvement de conspirateurs. Depuis le 1er juillet 1944, Stauffenberg, promu chef d’état-major de l’armée, est autorisé à participer aux conférences d’Hitler. Il se rend à Rastenburg le 20 juillet 1944 pour y lire un rapport au cours d’une de ces réunions. Dans sa serviette, il cache une bombe à retardement qu’il amorce quelques minutes avant la conférence et, sous prétexte d’un coup de téléphone, il quitte rapidement la salle pour rejoindre les conspirateurs à Berlin.
La bombe n’a pas été assez puissante pour tuer Hitler et les communications n’ont pas été coupées comme prévu. Lorsque les conjurés, réunis au ministère de l’intérieur, l’apprennent, il est déjà trop tard pour reculer ; les ordres de retrait des troupes ont déjà été envoyés. Ils décident de persister et espèrent que la nouvelle de la mort de Hitler se propage malgré tout. Certains officiers changent de camp, d’autres hésitent à agir avant d’être sûr de la mort du Führer. Stauffenberg et d’autres complices sont en train de diffuser des ordres de soulèvement sans se rendre compte que presque toutes les lignes du ministère de l’intérieur avaient été coupées. Puis, des troupes nazies pénètrent dans le bâtiment. Après une lutte entre l’armée et les conspirateurs, ceux-ci sont sommairement jugés par le général Fromm. Il avait fait partie de l’opération et tente de se débarrasser des témoins gênants. La répression qui s’ensuit est sanglante. Hitler avait dit : “je veux qu’ils soient pendus à des crochets comme de la viande de boucherie”. Bien qu’on n’ait pas de chiffre exact, on estime qu’il y eut plusieurs milliers d’arrestations et d’exécutions suite à l’attentat du 20 juillet 1944.
Pour en savoir plus :
Opération Walkyrie, un film de Jo Baier, avec Sebastian Koch (2004, vidéo en cinq parties)
Claus Schenk von Stauffenberg (article de Wikipédia)
Ulrich von Hassel et Claus von Stauffenberg : L’Attentat du 10 juillet 1944 contre Adolf Hitler (article d’Antoine Raybaud)